C’est un coup dur qui frappe le Ghana à la veille de son entrée dans la Coupe du Monde 2026. Thomas Partey, 32 ans, l’un des joueurs les plus expérimentés et les plus influents de la sélection ghanéenne, ne sera pas du premier match des Black Stars face au Panama ce mercredi. La raison n’a rien de sportif : le Canada lui a refusé l’entrée sur son territoire.
L’ancien milieu de terrain d’Arsenal est actuellement inculpé en Angleterre pour viol et agression sexuelle – des accusations qu’il conteste formellement et pour lesquelles il a plaidé non coupable. Si les États-Unis, où le Ghana a établi son camp de base en tant que coorganisateurs du tournoi, ont accepté sa présence sur leur sol, le Canada applique des règles d’immigration plus strictes en matière de procédures judiciaires en cours. Une procédure pénale pendante constitue un motif suffisant de refus de visa selon la législation canadienne, indépendamment de toute présomption d’innocence.
La FIFA a confirmé l’information tout en précisant qu’elle n’avait aucun pouvoir en la matière. L’instance mondiale du football rappelle que l’octroi ou le refus d’un visa relève exclusivement de la souveraineté des États, y compris dans le cadre des compétitions qu’elle organise – une position identique à celle adoptée dans l’affaire de l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé des États-Unis quelques jours plus tôt.
Dans le cadre de sa mise en liberté sous caution au Royaume-Uni, Thomas Partey est tenu d’informer la justice britannique de chacun de ses déplacements à l’étranger. Son procès, initialement prévu en novembre prochain, pourrait être reporté au début de l’année 2027.
Pour le sélectionneur ghanéen, cette absence représente un véritable casse-tête tactique. Privée de l’un de ses leaders au milieu de terrain pour des raisons extra-sportives, la sélection devra trouver les ressources nécessaires pour aborder sereinement son entrée dans la compétition. Le Ghana, qui retrouve la scène mondiale après une édition 2022 décevante au Qatar, espérait pouvoir compter sur l’intégralité de son effectif pour ce rendez-vous historique.
Ce nouveau cas de refus de visa lors du Mondial 2026 relance le débat sur les contradictions entre l’universalité revendiquée par la FIFA pour sa compétition phare et les politiques migratoires restrictives des pays hôtes – États-Unis, Canada et Mexique.
Mike Badibanga
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