Le parti centriste veut rompre avec la dépendance alimentaire et faire de la RDC une puissance agro-productive.
C’est depuis Kasangulu, dans le Kongo Central, que le parti politique du Centre, Énergie Nouvelle, a jeté sur la table du débat national son programme “RDC Agro-Pêche-Élevage 2036”.
Présenté mardi lors d’un point de presse par son président national Moïse Monsese, ce programme se veut une réponse à l’urgence alimentaire et une déclinaison de la vision portée par le Président Félix Tshisekedi à l’occasion de son voyage en Israël.

“Notre pays ne doit plus être condamné à importer ce qu’il peut produire, à exporter ses matières premières sans les transformer et à regarder sa jeunesse chercher des emplois ailleurs alors que des millions d’hectares restent sous-exploités”, a déclaré M. Monsese.
De la survie à la compétitivité
Pour Énergie Nouvelle, le constat est sans appel : la sécurité alimentaire doit devenir une priorité stratégique de l’État. Le parti prône un changement de paradigme.
« Nous devons passer d’une agriculture de survie à une agriculture productive et compétitive, de la simple production à la transformation locale, de l’exploitation dispersée à de véritables chaînes de valeur territoriales », soutient son leader.
Le plan couvre la décennie 2027-2036 et s’articule autour de 100 pôles agro-productifs intégrés, pour un cadre d’investissement indicatif de 10 milliards de dollars américains.
L’ambition chiffrée : l’accompagnement d’au moins un million d’exploitations, la mise en valeur de 3 millions d’hectares, le financement de 500 unités de transformation et la création de 1,5 million d’emplois directs et indirects, sous réserve des études de référence.
De la transformation du manioc en industrie, du maïs pour l’alimentation humaine et animale, à la reconquête du marché par le riz congolais et la production locale du poisson, le parti veut que “la richesse créée dans nos campagnes reste dans l’économie congolaise”.
La méthode avant les slogans
Au-delà des chiffres, Énergie Nouvelle dit proposer une méthode.
Chaque pôle agro-productif devra associer en un même circuit la production, les services agricoles, le financement, le stockage, le transport, la transformation et l’accès au marché.
Et le parti se veut catégorique sur la gouvernance : “Pas de financement sur la base d’une promesse politique”.
Les financements devront être adossés à des projets crédibles, des contrats et des résultats vérifiables.
Pour un programme de cette envergure, Moïse Monsese réclame des audits indépendants, la publication des indicateurs, la traçabilité numérique et une tolérance zéro contre les fausses factures et les détournements. “L’argent destiné à nourrir le peuple congolais ne doit jamais devenir une source d’enrichissement personnel“.
Pas question, pour autant, de demander au Gouvernement de décaisser 10 milliards. « Le financement est dans le projet », assure le parti, qui sollicite une première décision : la préparation et l’évaluation de vingt pôles pilotes avant toute extension nationale.
« On ne promet pas ce que l’on ne peut pas mesurer ; on ne finance pas ce qui n’est pas vérifié ; on n’étend pas ce qui n’a pas fait ses preuves», résume-t-il, appelant Gouvernement, provinces, secteur privé et partenaires à « mettre la production au cœur de la transformation de la République ».
MM
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