Après le sit-in déjoué de la coalition d’opposition C64 devant le Palais du Peuple, le gouvernement provincial de Kinshasa a livré ce vendredi 12 juin son bilan officiel des événements. Selon les autorités, aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée, mais 20 blessés légers – dont 15 policiers et 5 manifestants – ainsi que cinq véhicules incendiés sont à déplorer.

Dans un communiqué officiel, les autorités provinciales durcissent le ton et dénoncent ce qu’elles qualifient de « mode opératoire préoccupant » de la part des organisateurs. Le gouvernement affirme que les services de sécurité ont identifié un dispositif organisé consistant à « recruter et manipuler des individus désœuvrés, parfois sous l’emprise de substances prohibées, à les munir d’armes blanches et à les placer en première ligne afin de provoquer les forces de l’ordre, de contourner les périmètres de sécurité établis et de se livrer à des actes de provocation ».

Les autorités mettent également en cause le changement d’itinéraire opéré par les manifestants. Selon le communiqué, les organisateurs avaient été autorisés à tenir leur rassemblement au terrain Assossa, conformément aux dispositions arrêtées avec l’autorité urbaine. « Les manifestants ont choisi de s’affranchir des conditions fixées par l’autorité urbaine en changeant, contre toute attente, l’itinéraire préalablement convenu », relève le document, estimant que cette décision a contribué à la dégradation du climat sécuritaire aux abords de certains sites institutionnels de la capitale.

Le gouvernement provincial condamne « avec la plus grande fermeté » ces pratiques qu’il juge étrangères à « l’exercice légitime des droits et libertés démocratiques » et annonce son intention de saisir les instances judiciaires compétentes afin d’établir les responsabilités. Tout en dénonçant les violences, les autorités réaffirment néanmoins leur attachement à la liberté de manifestation, « consacrée par la Constitution et les lois de la République », rappelant que celle-ci « doit être exercée dans le respect des droits et libertés de tous ».

Le communiqué souligne enfin que cette journée coïncidait avec les épreuves du TENASOSP organisées dans plusieurs établissements de la capitale, insistant sur la nécessité de garantir le fonctionnement normal des institutions et le déroulement des activités éducatives. Le gouvernement provincial a rendu hommage aux forces de sécurité engagées dans le maintien de l’ordre.

Ce bilan officiel contraste avec les témoignages de l’opposition, qui fait état d’une répression brutale incluant l’usage de gaz lacrymogènes et, selon Martin Fayulu, de balles réelles. La guerre des récits est lancée.

La rédaction

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