Kinshasa – Face à une capitale asphyxiée par les embouteillages monstres, l’insécurité galopante et l’insalubrité chronique, le président Félix Tshisekedi a décidé de frapper fort. Ce mardi 9 juin, à la Cité de l’Union africaine, le Chef de l’État a officiellement installé une Taskforce présidentielle pour l’assainissement de Kinshasa, placée sous son autorité directe et confiée au lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, commandant du Service National.
TROIS AXES PRIORITAIRES POUR UNE CAPITALE EN CRISE
Le président Tshisekedi a fixé au coordinateur de cette structure d’exception des instructions claires, articulées autour de trois urgences qui empoisonnent le quotidien de plus de 17 millions de Kinois.
Premier axe : désengorger la circulation. Dans une mégapole où les embouteillages paralysent l’économie, allongent les trajets de plusieurs heures et épuisent les travailleurs, la fluidité routière est devenue un enjeu de survie économique autant que de dignité humaine.
Deuxième axe : renforcer la sécurité urbaine. L’insécurité, qui s’est installée dans quasiment tous les quartiers de la ville – des communes populaires aux zones résidentielles –, mine la confiance des populations et freine l’activité commerciale.
Troisième axe : améliorer le cadre de vie. Dépôts sauvages d’ordures, occupation anarchique des espaces publics, infrastructures dégradées : Kinshasa étouffe sous le poids d’une urbanisation incontrôlée que les autorités municipales n’ont jamais réussi à maîtriser.
LE CHOIX DU MILITAIRE : RIGUEUR ET RAPIDITÉ D’EXÉCUTION
En confiant cette mission à une autorité militaire de haut rang plutôt qu’à un civil, le président Tshisekedi envoie un signal clair : l’heure n’est plus aux demi-mesures ni aux lenteurs administratives. Le choix du lieutenant-général Kasongo Kabwik, à la tête du Service National – un corps habitué aux opérations de grande envergure –, traduit la volonté d’imprimer un rythme d’exécution que les structures classiques de gouvernance urbaine n’ont pas su imposer.
Cette approche n’est pas sans rappeler d’autres expériences de gestion militaire de crises civiles en RDC, avec des résultats contrastés. L’état de siège dans l’Est du pays, confié à des gouverneurs militaires depuis 2021, continue de susciter des débats sur son efficacité réelle.
LES KINOIS DANS L’ATTENTE
La création de cette Taskforce suscite autant d’espoir que de scepticisme dans une ville habituée aux annonces sans lendemain. Les Kinois, confrontés chaque jour au chaos de leur capitale, attendent désormais des actes concrets et des résultats visibles. La crédibilité de cette initiative se mesurera à sa capacité à transformer durablement le visage d’une ville qui, malgré son statut de capitale d’un pays-continent, peine encore à offrir à ses habitants des conditions de vie dignes.
Le lieutenant-général Kasongo Kabwik est prévenu : le chronomètre est lancé.
La rédaction
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