Bunia – Alors que l’épidémie d’Ebola poursuit sa progression en Ituri avec 550 cas confirmés et 101 décès, un autre front s’ouvre : celui de la désinformation. Le parquet général près la Cour d’appel de l’Ituri a annoncé une politique de tolérance zéro contre les auteurs de rumeurs et de fausses informations qui compromettent la riposte sanitaire.

LA DÉSINFORMATION, « ENNEMI INVISIBLE » DE LA RIPOSTE

Réseaux sociaux inondés de messages alarmistes non vérifiés, rumeurs colportées dans les communautés sur la dangerosité supposée des vaccins, méfiance croissante envers les équipes médicales : la désinformation est devenue un obstacle majeur à la lutte contre Ebola en Ituri. Face à ce phénomène qui sape les efforts des autorités sanitaires, la procureure générale Eudoxie Maswama Fuilu a choisi de hausser le ton.

« Nous appliquons une politique de tolérance zéro contre toute personne qui propage de fausses informations susceptibles de mettre en danger la santé publique ou de compromettre la riposte contre Ebola », a-t-elle déclaré sans ambiguïté.

Le message est clair : quiconque diffuse volontairement des informations mensongères de nature à troubler l’ordre public ou à décourager l’adhésion des communautés aux mesures sanitaires s’expose désormais à des poursuites judiciaires.

UNE BATAILLE QUI SE JOUE AUSSI HORS DES CENTRES DE TRAITEMENT

Les acteurs de la sensibilisation communautaire, en première ligne face à la réticence de certaines populations, saluent cette initiative. « La lutte contre Ebola ne se gagnera pas seulement dans les centres de traitement, mais aussi dans la bataille contre les fausses informations qui alimentent la peur, la méfiance et le rejet des mesures sanitaires », a souligné un responsable impliqué dans la sensibilisation.

Car le défi est de taille : le taux de suivi des personnes contacts dans les provinces concernées n’atteint que 64,4 %, un chiffre qui traduit les difficultés persistantes à maintenir le lien avec les populations exposées.

UNE ÉPIDÉMIE QUI RESTE PRÉOCCUPANTE

Selon les dernières données de l’Institut national de santé publique (INSP), l’épidémie totalise à ce jour 550 cas confirmés et 101 décès. Pas moins de 309 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés. Toutefois, une lueur d’espoir : sept nouveaux patients ont été déclarés guéris à Nyankunde, portant à 19 le nombre cumulé de personnes guéries depuis le début de l’épidémie – 17 en Ituri et 2 au Nord-Kivu.

Les équipes de riposte poursuivent sans relâche les activités de surveillance, de vaccination, de sensibilisation communautaire et de prise en charge médicale. Mais tant que la désinformation continuera de nourrir la méfiance, la bataille sanitaire restera incomplète.

Pour les autorités judiciaires comme sanitaires, le mot d’ordre est désormais le même : seules les sources officielles doivent guider les comportements des populations face à cette crise. Le reste relève de la justice.

La rédaction

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