Le territoire de Mwenga, dans la province du Sud-Kivu, continue de payer un lourd tribut à l’exploitation minière artisanale. Un nouveau décès par asphyxie, survenu le dimanche 14 juin dans un carré minier situé à Lubigi, porte à cinq le nombre de creuseurs artisanaux morts dans des accidents miniers en l’espace de deux mois. La société civile locale appelle les autorités à agir d’urgence pour encadrer une activité qui tue dans l’indifférence.
La victime, identifiée comme le fils du chef de secteur chargé des sports dans le secteur de Zalya, travaillait dans le site minier abandonné de Nzogu, autrefois exploité par une entreprise chinoise. Un autre creuseur, prénommé Ngala, a survécu à l’accident et reçoit actuellement des soins dans une structure sanitaire locale. Son état de santé évolue positivement.
« Le défunt a trouvé la mort alors qu’il travaillait avec ses compagnons dans le site minier abandonné de Nzogu, autrefois exploité par une entreprise chinoise. Un autre creuseur, rescapé de l’accident, reçoit actuellement des soins dans une structure sanitaire de la place », a déclaré Bienfait Fadhili Mulonda Walubanda, président du Cadre de concertation de la société civile du territoire de Mwenga.
Ce drame n’est pas un cas isolé. En deux mois seulement, cinq personnes ont perdu la vie dans des circonstances similaires sur le territoire de Mwenga, sans compter d’autres victimes recensées auparavant, notamment deux personnes décédées le 5 mars dernier. Un bilan qui illustre la dangerosité des sites miniers abandonnés par les entreprises industrielles, où les creuseurs artisanaux s’aventurent sans équipement de protection ni encadrement technique.
« Nous avons déjà enregistré cinq pertes en vies humaines en l’espace de deux mois. Nous appelons les jeunes à éviter de travailler dans des zones à haut risque, notamment les sites miniers abandonnés par les entreprises chinoises », plaident les acteurs de la société civile de Mwenga.
Territoire à forte vocation minière, Mwenga voit ses jeunes se tourner vers l’exploitation artisanale faute d’alternatives économiques viables. La société civile exhorte les services compétents, notamment le SAEMAPE et le Service des mines, à renforcer l’encadrement des exploitants artisanaux par des conseils techniques et un suivi régulier des sites à risque. Elle plaide également pour la réhabilitation et la sécurisation des zones abandonnées par les entreprises industrielles, devenues de véritables pièges mortels pour les creuseurs qui s’y aventurent.
La rédaction
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