La bataille autour de la Constitution congolaise se déplace dans la rue. La coalition d’opposition C64, regroupant le LGD de Matata Ponyo, Ensemble de Moïse Katumbi, Envol de Delly Sesanga et l’Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund, a officiellement informé le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba, de la tenue d’un sit-in ce vendredi 12 juin à l’esplanade du Palais du peuple.
UNE ACTION PACIFIQUE CONTRE LA LOI RÉFÉRENDAIRE
Dans une correspondance conjointe adressée au gouverneur – avec copie au ministre de l’Intérieur, au chef de la police de Kinshasa et au directeur général de l’ANR –, les leaders de la C64 invoquent l’article 26 de la Constitution, qui consacre le régime déclaratif pour l’organisation de toute manifestation publique.
Le message est sans équivoque : « Par cette action pacifique, nous entendons exprimer notre opposition au projet de loi référendaire qui vise au changement de notre Constitution. Nous vous demandons de bien vouloir prendre les dispositions utiles pour la sécurité des manifestants. »
Martin Fayulu, appelant les Kinois à se mobiliser pour cette deuxième action de la C64, a précisé que la plateforme s’opposera à toute réforme visant à toucher l’article 220 de la Constitution – cette disposition verrouillée qui énumère les matières ne pouvant faire l’objet d’une révision constitutionnelle, notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels.
UNE OPPOSITION QUI COURT APRÈS LE CALENDRIER PARLEMENTAIRE
Mais le timing joue contre l’opposition. La veille même de cette annonce, mardi 9 juin, l’Assemblée nationale a adopté à une écrasante majorité la proposition de loi sur l’organisation du référendum – 348 voix pour, 2 contre et 1 abstention sur 351 votants. Le texte est désormais entre les mains du Sénat pour seconde lecture, avant une promulgation attendue par le président de la République.
La C64 se retrouve donc dans une position délicate : manifester contre un texte déjà voté par la chambre basse et dont l’adoption par le Sénat – où la majorité présidentielle est tout aussi dominante – semble acquise. Pour autant, les leaders de l’opposition estiment que la mobilisation populaire reste le seul levier capable de freiner un processus qu’ils jugent attentatoire aux fondements de la démocratie congolaise.
VERS UN BRAS DE FER DANS LA RUE ?
Ce sit-in constituera la deuxième action publique de la C64 contre le projet de changement constitutionnel. La question qui se pose désormais est double : les autorités kinoises laisseront-elles la manifestation se tenir sans entrave ? Et la mobilisation sera-t-elle suffisante pour peser sur un processus législatif qui avance à marche forcée ?
Les regards seront tournés vendredi vers l’esplanade du Palais du peuple.
La rédaction
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