Kinshasa – Le Prix Nobel de la Paix Denis Mukwege a vivement réagi, ce samedi 13 juin, à la répression du sit-in de l’opposition devant le Palais du Peuple la veille. Dans un message publié sur X, l’ancien candidat à la présidentielle de 2023 accuse frontalement le régime de Félix Tshisekedi de glisser vers la dictature et lance un appel solennel à la mobilisation pour « prévenir un coup d’État constitutionnel en gestation ».
« Je condamne avec la plus grande fermeté la répression sanglante du sit-in pacifique de l’opposition sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa », écrit d’emblée le médecin de Bukavu. Pour lui, le rassemblement dispersé vendredi portait une revendication limpide : le rejet du projet de changement de Constitution visant, selon l’opposition, à offrir un troisième mandat à Félix Tshisekedi.
Le Nobel congolais s’en prend directement à la gestion du maintien de l’ordre : « Il est inacceptable que le régime de Kinshasa mobilise et instrumentalise l’armée, la police et une milice privée du parti présidentiel, la sinistre Force du progrès, pour tirer sur des citoyens et brutaliser des leaders de l’opposition. » Il dénonce un rétrécissement de l’espace civique et politique, un climat de répression et d’intimidation visant la société civile, les défenseurs des droits humains et les dirigeants de l’opposition.
Le parallèle historique qu’il dresse est lourd de sens : cette politique de répression « rappelle à la population congolaise et à la communauté internationale les heures sombres de la fin du régime de Joseph Kabila », il y a une dizaine d’années – une période marquée par les tentatives de maintien au pouvoir au-delà des mandats constitutionnels et la répression des marches citoyennes.
« Face à cette dérive dictatoriale qui s’aggrave chaque jour en RDC, j’en appelle solennellement à une mobilisation nationale et internationale pour prévenir un coup d’État constitutionnel en gestation qui ne fera qu’empirer la situation déjà dramatique de la nation congolaise », conclut-il.
Cette sortie intervient dans un contexte politique explosif. L’Assemblée nationale a adopté le 9 juin la proposition de loi sur le référendum à une écrasante majorité, le sit-in de la C64 a été violemment dispersé le 12 juin, et les voix critiques se multiplient tant au niveau national qu’international – l’Union européenne ayant elle-même appelé à la poursuite des auteurs des troubles. Le bras de fer entre pouvoir et opposition autour de la Constitution congolaise ne fait que s’intensifier.
La rédaction
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